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Le SNUAS FP, un des syndicats de la Fédération Syndicale Unitaire
Projet de loi prévention de la délinquance
Le jeudi 29 mars 2007 par Administrateur
« Assez de sécuritaire à l’Ecole !!! »
CIRCULAIRE DE RENTREE 2007

Avant même l’adoption de la loi dite « de prévention de la délinquance », la circulaire de rentrée 2007 intègre les principales dispositions sécuritaires et répressives contenues dans ce texte. En effet, cette circulaire de rentrée modifie profondément les missions de l’Ecole, en instaurant une nouvelle collaboration entre les Inspections Académiques, les chefs d’Etablissements et les maires des communes.

Sous la notion de « coproduction de sécurité », le Ministère de l’Education Nationale met tout en place pour que l’Ecole soit à l’origine du renseignement conduisant à des mesures répressives qui vont être organisées sous la responsabilité des maires. L’Inspection Académique fournira au maire des listes d’élèves coupables d’absentéisme scolaire, de problèmes de comportement, élèves ayants reçus des avertissements, ou ayants été exclus temporairement ou définitivement, ou simplement cités dans le cadre des cellules de veille…Ces listes seront établies par les chefs d’établissements.

Le dévoiement des missions éducatives de l’Ecole au profit d’une logique répressive de la jeunesse et des familles les plus défavorisées conduit à recourir de plus en plus à des sanctions et mesures répressives pour l’ensemble des élèves et pénalisant encore plus durement les élèves majeurs.

Dans un tel contexte, les missions du Service social en faveur des élèves risquent d’être instrumentalisées, au profit des politiques liberticides et sécuritaires du gouvernement actuel, si toutes ces dispositions devenaient pérennes et applicables. En intégrant au « socle commun de connaissances » les actions du Comité d’Education à la Santé et à la Citoyenneté, dans une situation de pénurie de personnels à l’Education Nationale et plus particulièrement des assistants sociaux, le ministère encourage l’externalisation des actions collectives à des associations et ou des entreprises privées, au détriment des personnels de l’Education Nationale formés et qualifiés pour ces actions. Nous revendiquons dans le cadre du CESC, une véritable politique de prévention, déconnectée des mesures répressives et sécuritaires contenues dans les circulaires « violence » d’août 2006 et « CESC » de novembre 2006.

Dans le chapitre « Education à la santé renforcée », les assistants sociaux deviennent des auxiliaires de santé, de contrôle sanitaire, ce qui ramène notre service à quelques décennies en arrière. Non seulement, notre place dans le dispositif à dominante hygiéniste relève du mépris pour nos qualifications, mais en plus, la mise en place des entretiens systématiques au titre de repérage des enfants à risque nous entraîne vers l’instauration d’un contrôle social, que nous refusons. Ne fait-on pas appliquer par ce biais les projets retirés de dépistage précoce, proposés par l’INSERM, et contre lesquels la pétition « pas de zéro de conduite » avait recueilli plusieurs centaines de milliers de signatures ? Le ministère reprend à son compte les dispositions largement dénoncées.

Le SNUASFP refuse toute instrumentalisation du travail social et revendique que la priorité soit donnée à la prévention et à l’éducation. Le gouvernement doit faire des choix dans ce sens en donnant les moyens au service qui contribue avec les équipes éducatives à la réussite et à l’insertion sociale de tous.

Le Conseil Syndical National des 15 et 16 mars 2007

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