Depuis de nombreuses années le système des bourses est totalement obsolète au regard des besoins des élèves.
Leurs montants n’ont pas été revalorisés, les plafonds de ressources pris en compte pour le calcul des parts sont scandaleusement bas et écartent de nombreuses familles de ce dispositif.
Par ailleurs, les critères d’attribution ne correspondent plus à la réalité que vivent certains élèves notamment les jeunes d’origines étrangères qui n’ont pas leurs deux parents sur le territoire.
Dès la création des bourses au mérite, le SNUAS/FP a dénoncé un système à deux vitesses, inégalitaire et complètement arbitraire.
La notion d’effort dans le travail scolaire, ne peut se mesurer qu’en relation avec la situation des jeunes et de leurs familles et de toutes façons « le mérite » est toujours une notion subjective.
Cette notion de mérite qui semble particulièrement plaire à ce gouvernement sert de fil conducteur à la politique gouvernementale, qui se veut valorisante mais ne sert qu’à gérer la pénurie et faire des économies.
De plus, ces attributions de bourse au mérite ne sont pas pérennes et peuvent être remises en cause chaque année, ce qui fragilise d’autant plus les élèves qui ne peuvent se projeter dans l’avenir, ce qui est particulièrement injuste.
Dans ce système aucune politique ambitieuse pour l’éducation n’est affichée et c’est malheureusement toujours les familles les plus défavorisées qui devront encore une fois faire preuve de leur capacité à affronter leurs difficultés.
Ce système encore une fois individualise les situations alors qu’il faudrait généraliser le droit à étudier dans de bonnes conditions pour tous.
En conséquence le SNUAS/FP n’acceptera pas de participer à ce dispositif discriminatoire reniant tous principes d’égalité et reposant sur des jugements arbitraires. Nous dénonçons un tel dispositif qui sera amené à remettre en cause le respect de la vie privée des familles. Nous refuserons de nous inscrire dans des pratiques contraires à la déontologie et à l’éthique de notre profession.
Motion du Conseil Syndical National des 19 et 20 Mai 2005