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Le SNUAS FP, un des syndicats de la Fédération Syndicale Unitaire
Mondialisation
Le lundi 15 septembre 2003 par Danielle ATLAN
Contre le libéralisme et la disparition des services publics

LE MONDE CHANGE

Ce titre parait une évidence, mais comme toujours, nous avons une certaine difficulté à imaginer les répercussions des changements sur notre vie et notre travail au quotidien.

Même si tous nous avons connaissance de tous ces sigles employés régulièrement dans la presse. Même si nous connaissons l’objectif des manifestations qui se tiennent maintenant régulièrement dans le monde et en europe, pour autant nous ne pensions pas le danger si prêt.

Les Manifestations qui ont eu lieu dans le courant du premier semestre 2003, ont toutes eu un dénominateur commun, LA LUTTE CONTRE LA REGRESSION SOCIALE, que ce soit au niveau de la décentralisation, la défense des services publics et les retraites, NOUS NE VOULIONS PAS D’UNE REGRESSION SANS PRECEDENT.

CONTRE LA MONDIALISATION LIBERALE ET FINANCIERE

Les modifications du système capitaliste se traduisent pas la globalisation de l’activité et des capitaux. L’apparition de grands groupes internationaux sur le marché du travail et surtout sur le marché financier, se fait au détriment des travailleurs. Le travail lui-même ne représente qu’une très faible partie des capitaux. Les industriels ont remplacé la main-d’oeuvre par des machines, ce qui transforme complètement le rapport au travail. L’ homme est considéré comme une ressource, d’ailleurs ont le gère en tant que tel, ainsi apparaît le concept de gestion de ressources humaines, comme on gère le pétrole, le gaz, les ressources naturelles.

C’est au nom de cette gestion mondiale et des profits que l’on devait en tirer, que dès la fin de la seconde guerre mondiale, se sont mises en place certaines institutions pour réguler les marchés.

UN PEU D’HISTOIRE : LIBRE ECHANGE ET PRINCIPES FONDATEURS

Du GATT à L’OMC

Dès 1946, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors que la coopération économique internationale est considérée comme le meilleur garant du maintien de la paix, deux négociations sont lancées, l’une pour créer une institution des Nations Unies consacrées au commerce, l’autre pour amorcer la réduction des barrières douanières.

Naissance du GATT

C’est en 1947, deux ans après la création de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (accords de Bretton Woods) que l’accord général sur les tarifs douaniers et commerciaux (Gereral Agreements on Tariffs and Trade : GATT) est mis en place.

Le GATT repose sur un principe fondamental : le libre-échange, c’est-à-dire la possibilité pour les marchandises de circuler sans entraves d’un pays vers l’autre. Le libre-échange est considéré comme bénéfique à tous, car alors chaque pays tendra à se spécialiser dans les productions où il est comparativement le plus compétitif, ce dont tout le monde tirera avantage.

UNE PHILOSOPHIE REDOUTABLE

Le concept central du GATT est celui des "produits similaires", qui fait référence au produit en tant que tel, sans se préoccuper des modes de production. C’est l’obstable le plus important à toutes possibilités de conditionner le commerce à des normes sociales ou écologiques. Le travail des enfants est complètement ignoré, donc implicitement admis dans ce système.

On comprend mieux pourquoi les délocalisations se font de plus en plus souvent et ce au détriment de tous. Dans ce système, la main-d’oeuvre donc le coût de production est primordial.

Les cycles (ou Round) de négociations commerciales au GATT

De 1947 à 1994, la principale activité du GATT (qui n’aura jamais le statut d’organisation internationale) sera l’organisation de négociations commerciales multilatérales (NCM), chargées de libéraliser le commerce mondial. De 1947 à 1994 huit cycles ou rounds ont eu lieu dans différents pays et regroupe 123 nations..

NAISSANCE DE L’ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE - 1994

Le dernier cycle de négociation (ou round) a démarré en 86 à Punta del Este en Uruguay. Il aboutit à la signature des accords de Marrakech le 15 avril 1994 par 134 pays, pour 7 ans.

L’ acte final institue l’OMC, le 1er Janvier 1995. Ces accords marquent une étape importante par l’accroissement des prérogatives et des domaines d’intervention de l’ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE. Le libre échange reste plus que jamais considéré comme l’outil le plus universellement effcace pour conduire à la prospérité, à la richesse, au bien-être... ! Il ne s’agit bien d’instauter la déréglementation au noms des mouvements économiques

"Succédant au GATT, l’OMC est ainsi devenue, depuis 1995, une institution dotée de pouvoirs supranationaux et placée hors de tout contrôle de la démocratie parlementaire. Une fois saisie, elle peut déclarer les législations nationales, en matière de droit du travail, d’environnement ou de santé publique, "contraires à la liberté du commerce" et en demander l’abrogation. Par ailleurs, depuis mai 1995, au sein de l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économiques) et à l’écart des opinions publiques, se négocie le très important Accord multilatéral sur les investissements (AMI), QUI VISE A DONNER LES PLEINS POUVOIRS AUX INVESTISSEURS FACE AUX GOUVERNEMENTS

Le désarmement du pouvoir financier doit devenir un chantier civique majeur si l’on veut éviter que le monde du siècle à venir ne se transforme en une jungle où les prédateurs feront la loi." (IGNACIO RAMONET - Monde Diplomatique Décembre 1997).

ACCORD GENERAL DES SERVICES

En ratifiant la loi 94-1137, le 14 Décembre 1994, le Parlement français reconnait la création de l’OMC et reconnait les 28 textes annexés constituants les Accords de Marrakech. Parmi eux, le fameux ACCORD GENERAL SUR LE COMMERCE DES SERVICES.

L’AGCS CONCERNE A LUI SEUL 160 SECTEURS DE SERVICES

(aménagement urbain, recherche et développement, tourisme, services postaux, distribution, environnement, énergie, culture, éducation, santé, etc..). Les dépenses de santé mondiale représentent, selon l’OMC, 3 55 milliards de dollars, les dépenses liées à l’éducation 2 000 milliards de dollars.

LES SERVICES PUBLICS

On entend par services publics, la fourniture de biens et services essentiels à la vie quotidienne et à l’exercice des droits fondamentaux de la personne. Ces services peuvent être rendus soit par la puissance publique directement (administration de l’Etat et des collectivités locales), soit par des entreprises publiques (La Poste, SNCF...)privées ou mixtes.

Les missions de service public sont définies par le législateur et chaque niveau territorial approprié (Etat, communes, départements et régions) détermine la façon (type d’entreprise, mise en ouvre des missions) dont sera fourni le service ou le bien. Ces services publics garantissent l’exercice de droits fondamentaux par la garantie d’accès à certains biens et services (énergie, soins, communication, transport, éducation....), en tous points du territoire, sans discrimination et de manière égale pour tous. Les services publics contribuent à la cohésion économique, sociale et territoriale. ILS PERMETTENT DE SOUSTRAIRE A LA QUETE DU PROFIT DES BIENS ET DES SERVICES JUGES ESSENTIELS.

De même, les services publics sont un moyen que peut se donner la puissance publique pour réguler le marché, conduire des politiques publiques (politiques énergétiques, protection de l’environnement...) et concourir au développement économique et social.

LES MOUVEMENTS SOCIAUX

Depuis l’arrivée du nouveau gouvernement la mise en place d’une politique néo-libérale s’affirme et ce dans tous les domaines.

Dans le SECTEUR PRIVE

Sous la pression du patronat le gouvernement qui a renoncé à intervenir lors des licenciements et qui continue à privatiser les services publiques (EDF-LA POSTE) met en place une politique catastrophique pour l’emploi, le nombre de chômeurs atteint près de 9 %, seule la loi du marché prévaut.

Au nom de l’égalité de traitement du public et du privé, la réforme des retraites donne une nouvelle fois raison aux marchés et contribue ainsi à détruire tous les acquis sociaux qui se sont mis progressivement en place aux cours du dernier siècle et qui ont été obtenus grâce à des luttes. IL EN SERA PROBABLEMENT DE MEME POUR LA SECURITE SOCIALE, SANS UNE MOBILISATION DE TOUS ;

DANS LE SECTEUR PUBLIC

Tous les fonctionnaires de l’Education Nationale en scandant le mot d’ordre "UN MEME DROIT A L’EDUCATION - DANS TOUS LES QUARTIERS - DANS TOUTES LES REGIONS" ont les mêmes revendications que tous les participants qui aujourd’hui dans le monde militent pour l’égalité des droits.

LE MONDE N’EST PAS UNE MARCHANDISE pouvait-on lire à PORTO ALEGRE, mais aussi à GENES, FLORENCE ET A EVIAN.Tous ces rassemblements ont pour seul but de démontrer que le monde ne peut continuer ainsi et que défendre l’école et les services publics en France, c’est défendre le gaz en Bolivie, c’est être à côté des paysans sans terre du Brésil, c’est lutter contre toutes les multinationales qui veulent imposer leur loi, leur seule loi celle du profit maximum.

LE FORUM SOCIAL DE SAINT DENIS - NOVEMBRE 2003

A Evian les manifestants scandaient "ils sont huit, nous sommes des millions", les huit représentent les huit plus grandes puissances du Monde, et à chacune de leur rencontre, nous devons continuer à montrer notre détermination dans l’élaboration d’un monde meilleur.

A SAINT DENIS, il faudra, une nouvelle fois, prouver notre solidarité avec tous les pays du tiers monde, demander l’annulation de la dette et faire le lien entre le mouvement social important qui a eu lieu cette année en France avec toutes les autres luttes contre le néo-libéralisme, la marchandisation du monde.

TOUS ENSEMBLE

Depuis quelques années, il nous est impossible de penser le syndicalisme en dehors du contexte mondial. Les capitaux s’organisent pour gagner le maximum de profits, au détriment des travailleurs et des réglementations nationales existantes. Nous ne pouvons laisser s’installer la déréglementation ici et nous ne pouvons accepter de voir les profits se faire au détriment d’autres peuples.

Nous ne pouvons laisser exploiter les richesses des autres pays, la première richesse sont les êtres humains et nous devons être solidaires de toutes leurs luttes et exiger mêmes droits pour tous et refuser les régresions.

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