mercredi 17 mars 2004, à midi, Place des Gobelins - Métro Gobelins - PARIS
Article 11 du chapitre 6 du projet de loi pour la prévention de la délinquance :
« Tout professionnel qui intervient au bénéfice d’une personne présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles, est tenue d’en informer le Maire de la commune de résidence, ou la personne par lui désignée aux fins de le substituer. » Des sanctions pénales ou administratives sont prévues en cas de « méconnaissance, par le professionnel, de cette obligation d’information ».
Ce projet de loi prévoit de désigner le maire, comme coordinateur de la politique locale de prévention de la délinquance. Il instaure une obligation pour les professionnels exerçant auprès des publics en difficultés, de transmettre au maire toute information concernant ces situations. Cette injonction s’appliquera à toutes les catégories d’intervenants : travailleurs sociaux, enseignants, éducateurs,...
Cette pratique, si elle est adoptée, portera atteinte aux droits individuels et collectifs : la confidentialité, nécessaire à l’instauration d’une relation de confiance entre les personnes et les professionnels, ne sera plus assurée, compromettant le travail social et éducatif. Elle désigne chaque personne en difficulté, usager du service public, comme un suspect potentiel et fait entre autre de la pauvreté un délit !
Ce projet est une attaque directe contre l’éthique des professionnels et dénature l’ensemble des missions que chaque intervenant assure dans l’exercice de son métier. Pour servir une politique sécuritaire, avec ce projet, le gouvernement instaure la délation et fait l’amalgame entre la prévention et le contrôle social. Le SNUAS-FP réaffirme la primauté de l’éducatif sur le répressif, et refuse la transformation de tous les professionnels en auxiliaires de police. Le SNUAS-FP exige le retrait de ce projet de loi liberticide.
Le travail social et la prévention sont menacés, ce projet veut faire de nous des délateurs.
Ce projet exprime la volonté manifeste de mettre en place des dispositifs répressifs dont les objectifs sont de contenir tout débordement, expression de la souffrance sociale des populations des plus fragilisées.
La prévention ne présente donc aucun intérêt dans la construction de la société marchande dont le sécuritaire est un outil. L’amalgame est constant entre difficultés sociales et délinquance.
Ce projet veut faire du travail social un instrument de contrôle et de répression des populations fragilisées.
Toute une série de mesures préconisées en atteste :
Les dispositifs de vidéo-surveillance seront étendus aux immeubles collectifs
Mise en place d’une police des transports
Facilitation des expulsions locatives
Centres de loisirs encadrés par la police
Repérage (et non dépistage) des troubles du comportement des enfants
En cas d’absentéisme scolaire :
Prise en main et gestion des allocations familiales par le maire
Amendes pénales jusqu’ à 750 euros
Stages de parentalité obligatoire
Le retour aux ’’vraies valeurs’’ ?
’’Pour une promotion sociale républicaine et renouvelée’’ ce projet propose entre autre :
Le retour des défilés patriotiques pour les élèves
La création d’un corps des cadets de la police
La création d’un service civil
Le repérage et la promotion des ’’meilleurs éléments’’
Les populations en difficultés sociales et les jeunes sans perspective d’avenir apprécieront.
Un large mouvement de résistance contre toutes ces mesures répressives et sécuritaires mises en place par ce gouvernement s’organise en France.
COMBATTONS, ensemble, la montée du tout sécuritaire, de la répression contre les pauvres (de plus en plus assimilés à des « classes dangereuses »), le recul des libertés publiques (projet de loi Sarkozy et Perben II...).
REFUSONS de devenir des délateurs
Si nous ne réagissons pas maintenant, ce sont nos métiers, fondés sur le respect des droits fondamentaux (au travail, à l’éducation, à la santé, au logement, à la culture...) qui sont menacés ! Ce projet est inacceptable ! !
Nous appelons tous(tes) les collègues à se mettre en grève et à venir en nombre manifester le 17 mars à Paris. Renseignez-vous auprès de votre FSU locale car déjà plusieurs sections envisagent d’organiser des transports en bus.