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Défense du travail social
Le mercredi 11 juin 2008 par Administrateur
Refusons l’extradition de Marina Petrella

Le Premier ministre vient de signer le décret d’extradition de Marina Petrella.

Marina dont l’état de santé s’est fortement dégradée tant sur le plan psychologique que physique était hospitalisée depuis plusieurs semaines. Elle a été ramenée dans sa prison pour que l’arrêté lui soit notifié. Après le mépris de la parole donnée et un certain acharnement judiciaire avant tout justifié par l’obsession sécuritaire et les gages à Sylvio Berlusconi, elle doit faire face à ce qu’il convient d’appeler de la maltriatance.

Ses ami(e)s et ses soutiens appellent à un rassemblement ce mercredi 11 juin 2008 à 11h30 place Sèvres Babylone, 75007 Paris (devant le square en face de l’Hotel Lutétia) et demandent à toutes celles et tous ceux qui ont signé la pétition ou / et l’Appel des femmes, à toutes celles et tous ceux qui ont soutenu Marina, à toutes celles et tous qui sont révoltés par cette décision et qui croient encore à un état de droit d’envoyer un mail signé et daté (ou un courrier sur carte découverte) au Premier ministre François Fillon et au Président de la République, Nicolas Sarkozy, en leur demandant l’abrogation du décret d’extradition de Marina Petrella et l’utilisation de la clause humanitaire. (pétition à signer et à faire signer sur le site http://www.paroledonnee.info/

Ci-dessous, adresses et proposition de mail ou lettre-type (libre à chacun et chacune d’en modifier la forme à sa façon) :

- M. Nicolas Sarkozy, Palais de l’Elysée, 55 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris email : sur le site http://www.elysee.fr/accueil/, onglet « écrire au président » - M. François Fillon, Hôtel Matignon, 57 rue de Varenne, 75700 Paris email : sur le site http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/premier_ministre/ecrire, onglet « écrire au Premier ministre » et service.presse@pm.gouv.fr

Proposition de rédaction de la lettre :

« Monsieur le Premier ministre (ou Monsieur le Président),

Le décret d’extradition de Marina Petrella vient de lui être signifié par vos services. Nous savons qu’il est en votre pouvoir d’abroger le décret que vous venez de signer. Au regard d’une décision d’extradition relative à des faits remontant à plus de 25 ans, au regard de l’engagement de la France de n’extrader aucun réfugié italien, au regard de la dégradation effroyable de l’état de santé de Marina Petrella, je vous demande de faire preuve d’humanité et de ne pas renvoyer Marina finir sa vie dans les prisons italiennes ».

En pièces jointes, vous trouverez deux document rédigés par les collectifs de soutien à Marina Petrella : - le communiqué de presse à envoyer à tous vos listings de journalistes,
- le tract à diffuser à vos différents contacts et réseaux sans modération

La Ligue des droits de l’Homme et le SNUAS-FP/FSU appellent tous ceux et toutes qui partagent ces combats à soutenir et à relayer ces intitatives.

Pour en savoir plus http://www.paroledonnee.info/


septembre 2007 - Appel au soutien de Marina Petrella

Comité de soutien à Marina Petrella

Dès 1981, tout juste après sa victoire aux élections présidentielles, le nouveau Président de la République François MITTERRAND affirme sa volonté d’accorder asile aux italiens engagés dans la lutte armée pour autant qu’ils renoncent à toute forme de violence. Faisant foi à cette promesse, quelques centaines de militants italiens traqués par les autorités de leur pays s’exilent dans l’Hexagone. Ce sont des gens ayant pratiqué ou côtoyé la lutte armée ; il s’agit de vaincus inculpés, puis lourdement condamnés, dans le cadre d’atteinte à la personnalité et sûreté de l’Etat. Pour le code pénal italien, les faits poursuivis sont donc politiquement qualifiés.

Le 20 avril 1985, en réponse aux insistantes pressions italiennes, le chef de l’Etat, lors du 65e congrès de la Ligue des droits de l’homme, prononce ces paroles : « J’ai dit au gouvernement italien que ces trois cents Italiens⤠¦qui ont participé à l’action terroriste en Italie depuis de nombreuses années⤦ont rompu avec la machine infernale dans laquelle ils s’étaient engagés⤦étaient à l’abri de toute sanction par voie d’extradition... ».

On peut être d’accord ou pas, mais ces mots qui engagent la République Française sont non-équivoques : il y a bien assurance d’asile en pleine connaissance de la gravité de faits couverts ; ces faits graves sont bien de nature politique ; cet asile est un et indivisible, erga omnes, sans dérogation ; il ne peut y avoir extradition que s’il y a reprise de l’action terroriste.

Treize ans plus tard, le 4 mars 1998, le Premier Ministre Lionel Jospin reprend cette position, dans une lettre adressée aux Avocats des réfugiés rendue publique, en ces termes : « â¤¦mon gouvernement n’a pas l’intention de modifier l’attitude qui a été celle de la France jusqu’à présent. C’est pourquoi il n’a fait et ne fera droit à aucune demande d’extradition d’un des ressortissants italiens qui sont venus chez nous dans les conditions que j’ai précédemment rappelées⤦ »

Ces décisions politiques, médiatisées sous l’étiquette de doctrine Mitterrand, comportent les effets que tout le monde connaît : régularisation administrative de tous ces italiens, formation de familles, naissance d’enfants, intégration au grand jour dans la société française. Des effets qui, selon nous, tout en n’étant pas des droits formels, renvoient cependant au concept de droits acquis du fait de leur source politique et de leur maintien, toute couleur politique confondue, dans le temps. C’est-à-dire qu’ils ne peuvent être piétinés sans fautes vérifiées de la part des bénéficiaires.

Pourtant c’est ce qui arrive brutalement en août 2002 avec l’extradition de Paolo Persichetti et en 2004 avec l’affaire Battisti

Aujourd’hui c’est au tour de Marina PETRELLA d’en faire les frais.

Cependant, nous ne voulons plus de cette logique perverse qui poursuit toute violence politique, même vieille de trente ans, comme impardonnable mal absolu, de ce choix des gouvernements français et italien qui, l’un méprisant les engagements pris par son Pays et l’autre la nécessité de dépasser ses malheurs d’antan par voie d’amnistie, traquent Marina PETRELLA comme une coupable de crime imprescriptible contre l’humanité.

C’est pourquoi nous demandons aux autorités françaises de respecter la parole donnée par la France, aux autorités italiennes de clore par une mesure politique adéquate ses « années de plomb », aux juges désormais chargés d’émettre un avis sur l’extradition de Marina PETRELLA d’intégrer dans leur appréciation tous les éléments politiques et humains qui justifient incontestablement son maintien en France.

Comité de soutien à Marina Petrella, menacée d’extradition

présidé par Jacques Maury, ancien Président de la Fédération Protestante et de la Cimade

Ligue des droits de l’Homme - 138 rue Marcadet 75018 Paris - Tel : 01 56 55 51 00

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