COMMUNIQUE DE PRESSE
DISCOURS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
SUR LES VIOLENCES EN MILIEU SCOLAIRE
Après les États Généraux de la Sécurité à l’Ecole, le Président de la République est intervenu de nouveau sur les violences en milieu scolaire. Pour la cinquième fois cette année, il semble que Nicolas Sarkozy cherche à se convaincre lui-même du bien-fondé de sa politique. Il ne prend pas en considération les causes des difficultés socio-éducatives rencontrées par les familles, mais prétend résoudre les problèmes à l’aide de la même litanie sécuritaire : contrôle, fichage, vidéo-surveillance et internat d’exception pour « les ados les plus durs ».
Obnubilé par les questions sécuritaires, il stigmatise toujours plus les établissements publics du secondaire qui seraient à feu et à sang, et soumis à une violence incontrôlable. Le Président propose une multitude de mesures, déjà annoncées, procédant d’une méconnaissance des réalités scolaires et sociales et fait preuve de l’acharnement à poursuivre une politique vouée, comme l’ont démontré les experts scientifiques lors des Etats Généraux de la Sécurité à l’Ecole, à l’échec.
Outre les mesures déjà annoncées, le Président annonce la création d’un nouveau fichier informatique pour recenser les élèves quittant la scolarité à 16 ans, intitulé « le Suivi de l’Orientation ». Il ignore sans doute les outils déjà existants et la responsabilité du Ministère de l’Éducation Nationale sur le suivi des élèves ayant quitté leur scolarité, et ce, pendant une année complète.
Relayant la proposition de loi du député Eric CIOTTI sur la suspension des allocations familiales, le Président de la République stigmatise toujours plus les familles, en oubliant que les prestations familiales sont un moyen de subsistance pour toujours plus de familles. Cette mesure serait quasi automatique, et les allocations suspendues demeureraient prises en compte pour le calcul du Revenu de Solidarité Active. Autrement dit, le RSA ne pourrait compenser les sommes perdues par la famille. Cette mesure décriée par tous a déjà démontré son inefficacité.
Nicolas SARKOZY souhaite une circulation des informations entre l’Ecole et la Justice, le chef d’établissement devenant le dépositaire de toutes les difficultés éducatives, rencontrées par une famille. C’est aussi méconnaître l’ensemble des dispositifs et les textes législatifs existants depuis de nombreuses années, et nier la nécessaire relation de confiance qui doit s’établir entre les familles et l’équipe éducative.
Le SNUASFP-FSU dénonce une nouvelle fois, un discours dogmatique, électoraliste, dont les mesures annoncées n’apporteront que de la défiance entre les familles stigmatisées par ces mesures, et les établissements scolaires, compliquant toujours plus l’intervention et le rôle des équipes pluridisciplinaires.
le 06 mai 2010
Contact SNUASFP-FSU
Samuel DELEPINE
