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Actualité
Le mercredi 22 avril 2020 par Le Bureau National
Pétition "Covid 19" : Urgence pour le secteur social et médico social

Les rencontres nationales du travail social en lutte se poursuivent depuis le début du confinement de manière "dématérialisée". 4 réunions déjà. Une pétition commence à bien circuler, mais il est important d’augmenter le nombre de signataires. N’hésitez donc pas à partager le lien auprès de vos collègues, vos camarades... sur l’ensemble des réseaux sociaux ou par mail :

https://eur05.safelinks.protection....

la coordination nationale du travail social en lutte a lancé cette pétition adressée au gouvernement :

Nous, travailleuses et travailleurs sociaux ou étudiant.es, syndiqué.es ou non, exerçant dans différents champs du social (Protection de l’enfance, handicap, hébergement, psychiatrie, Education Nationale…) et venant de nombreux départements et de Belgique, réuni.es de manière dématérialisée à plusieurs reprises depuis le début du confinement lors des rencontres nationales du travail social en lutte ; Nous constatons le manque criant de moyens de protection (pour les professionnel.les et le public) et d’anticipation face à cette pandémie poussant des collègues qui pour travailler s’exposent fortement à des risques sanitaires. La fermeture d’un grand nombre de structures, ne laisse pour les publics les plus vulnérables (SDF, enfants en danger, femmes victimes de violence…) que les numéros d’appels d’urgences pour demander de l’aide ou un soutien via la mise en place du télétravail. Celui-ci est pour la plupart du temps improvisé avec les moyens personnels des agent.es sans aucun règlement protecteur pour éviter l’épuisement professionnel. Nous craignons que ce soit l’occasion de transformer encore plus notre secteur, en le déshumanisant avec des outils numériques qui nous éloigneraient des personnes accompagnées. Nous constatons que la crise sanitaire est aggravée par la crise sociale que nous vivons depuis des années, et réciproquement : personnes à la rue ou en grande précarité sans maintien des services répondants aux besoins vitaux, remise à la rue de personnes hospitalisées ou des mineur.es isolé.es étranger.es devenu.es majeur.es, jeunes dans des hôtels (parfois insalubres), isolé.es, sans matériel informatique et soutien éducatif, foyers surchargés, attestation de sortie non applicable pour un public analphabète ou non francophone, et la liste est longue. Nous continuons de dénoncer et de combattre les politiques néolibérales appliquées au secteur social et médico-social, pour l’amener à être un secteur rentable et même lucratif. Nous luttons aussi contre les dispositions gouvernementales durcissant les conditions de vie de toutes et tous, et en premier lieu celles des publics que nous accompagnons. Nous constatons la poursuite de la casse du droit du travail par le gouvernement et le patronat, avec notamment la mise en place d’une « réserve sociale ». Cette réserve permet d’avoir une main d’œuvre gratuite, notamment les étudiant.es en travail social en « stage », alors qu’il faudrait embaucher urgemment sur des postes pérennes. Nous dénonçons l’ordonnance du 25 mars 2020 qui autorise l’abaissement du niveau de qualification et des taux d’encadrement. Ces mesures « exceptionnelles » viennent renforcer la logique de rentabilité du secteur et l’expérience de l’état d’urgence nous laisse craindre que l’exceptionnel pourrait devenir permanent. Nous refusons la dérive gestionnaire de nos métiers qui s’accroît en cette période de confinement pendant laquelle il nous est demandé de comptabiliser et tracer nos actes d’accompagnement. L’éducatif / le social, ne peut pas être réduit à l’aspect quantitatif. Nous dénonçons l’état d’urgence sanitaire qui permet à ce gouvernement d’offrir des milliards aux entreprises, payés par nos impôts, alors qu’il ne fournit aucun moyen supplémentaire pour la santé publique, le social et l’ensemble des services publics, qui se révèlent pourtant plus que jamais essentiels. Nous exigeons la mise à l’abri adaptée et immédiate de toutes et tous via des réquisitions de logement vides ainsi que la continuité, sans condition, des aides de droit commun (allocation chômage, APL, aide financière d’urgence…) et la mise à disposition de tous les moyens de soutiens possibles, humains, matériels et financiers, pour les personnes en situation de vulnérabilité. Nous exigeons des moyens de protection immédiats (masques, gel hydroalcoolique, gants…) et le cas échéant que le droit de retrait soit respecté. Nous exigeons des embauches pérennes et en urgence, pour faire face à l’épuisement des personnels et à la place de la « réserve sociale » ou « réserve civique », ainsi que la facilitation pour les étudiant.es en travail social pour la validation de leur année et l’obtention de leur diplôme. Nous exigeons le retrait de la loi d’urgence sanitaire, l’arrêt des remises en cause du droit du travail et le maintien du salaire intégral pour toutes et tous. Nous appelons à organiser des assemblées générales partout où c’est possible, et à rejoindre les cadres d’échanges et d’organisation existants dans le secteur social et médico-social ainsi qu’à l’échelle interprofessionnelle. Nous appelons à afficher nos revendications sur nos fenêtres, balcons, sur les réseaux sociaux, et à descendre massivement dans les rues pour manifester dès que ce sera possible. Nous appelons à la mise en place d’une caisse de grève nationale du secteur pour soutenir l’ensemble de nos luttes à venir.

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