Une audience fruit d’un engagement syndical de longue haleine
Le SNUASFP FSU a été reçu en audience lundi 19 janvier par le ministre de l’Éducation nationale pour porter la situation des assistant·e·s et conseiller·e·s techniques de service social de l’Éducation nationale.
Cette audience est le résultat d’un travail syndical opiniâtre, mené depuis de longs mois à tous les niveaux pour porter la réalité de terrain, les analyses exigeantes sur les politiques menées, le tout en prenant appui sur les mobilisations des assistant·e·s et conseiller·e·s techniques de service social de l’Education nationale des 22 mars 2024 et 10 juin 2025, initiées par le SNUASFP FSU.
Le rôle essentiel des personnels sociaux reconnu
Lors de cette audience, le ministre a reconnu sans ambiguïté le rôle essentiel des assistant·e·s de service social scolaires dans le fonctionnement de l’École.
Le ministre estime aujourd’hui que l’École ne peut faire face à ces enjeux sans des professionnel·le·s du service social en nombre suffisant. Ce constat valide pleinement les alertes répétées du SNUASFP FSU.
Créations de postes : des premières annonces, une volonté positive, la nécessité de continuer à agir !
Sur les moyens humains, le ministre a confirmé la création de 100 postes d’assistant·e·s de service social en 2026, tout en indiquant vouloir inscrire cette mesure sur le long terme dans le cadre d’un plan pluriannuel de créations de postes.
Il a par ailleurs indiqué qu’un effectif d’environ 5 000 postes correspondrait aux besoins réels selon lui.
Le SNUASFP FSU prend acte de cette reconnaissance chiffrée des besoins et des créations de postes annoncées pour 2026. Le SNUASFP FSU rappelle avec force qu’il y a urgence à avancer sur ce sujet : les besoins explosent, les services sont exsangues causant des secteurs surdimensionnés et une surcharge de travail difficilement tenable.
Rémunérations : le ministère reconnaît enfin l’impasse actuelle
Le SNUASFP FSU a porté avec détermination la question des rémunérations, marquées par des grilles indiciaires indignes et un déséquilibre croissant entre indiciaire et indemnitaire.
Face aux éléments portés par le SNUASFP FSU, le ministre a reconnu qu’il y avait là un réel sujet et indiqué vouloir intervenir au niveau de la fonction publique pour faire avancer ce dossier.
Le SNUASFP FSU a rappelé que le Complément de traitement indiciaire (CTI) constitue un levier concret et immédiatement mobilisable, permettant une revalorisation indiciaire de nature, dans un premier temps à contourner les difficultés liées à la dimension interministérielle des grilles.
Pour le SNUASFP FSU, si la reconnaissance du problème est un pas important, aucun engagement précis n’a été pris. Déterminé à avancer sur ce dossier, le SNUASFP FSU a d’ores et déjà interpellé le ministère de la Fonction Publique et entend porter ce sujet lors des discussions annoncées sur la rémunération des fonctionnaires. Il va sans dire que cette question ne pourra avancer que sous la pression collective.
Fonds sociaux : un révélateur du manque de reconnaissance institutionnelle
Le ministre a souhaité aborder la question des fonds sociaux lors de cette audience. Alors que le ministre déplore une sous-consommation budgétaire au niveau national, le SNUASFP FSU a porté une autre réalité issue du terrain : des besoins massifs non couverts, des collègues confrontées à des enveloppes insuffisantes ou inaccessibles, et des pratiques locales profondément inégalitaires. Le ministre a indiqué qu’il estime que les AS, personnels de catégorie A, devraient pouvoir disposer d’une pleine autonomie dans l’évaluation sociale et l’usage des fonds sociaux. Pour le SNUASFP FSU, sur ce sujet comme sur d’autres, le ministre met là le doigt sur un sujet central : celui de la reconnaissance institutionnelle de l’expertise des personnels sociaux, de leur niveau de responsabilité dont la catégorie A est le témoin et la nécessité de confirmer et renforcer leur autonomie professionnelle.
Protection de l’enfance et scolarité des enfants placés : une expertise enfin reconnue
Le ministre a également abordé la situation des enfants confiés à l’ASE dont les parcours scolaires restent massivement marqués par l’échec.
Il a souligné le caractère inacceptable de cette situation et a exprimé sa volonté d’ouvrir un travail spécifique, en associant le SNUASFP FSU en raison de l’expertise des assistant·e·s de service social qui, pour le ministre, est un point d’appui important. Le SNUASFP FSU entend investir pleinement cette réflexion le moment venu.
Rien n’a été donné : c’est bien la mobilisation collective qui permet d’avancer
Pour le SNUASFP FSU, cette audience et les déclarations du ministre confirment une chose essentielle : sans mobilisation collective, sans engagement du plus grand nombre dans l’action syndicale, il n’y a ni reconnaissance, ni moyens, ni avancées.
Le SNUASFP FSU continuera son action résolue au quotidien et à porter les revendications de la profession pour que les annonces ministérielles se traduisent enfin par des créations de postes massives, une revalorisation indiciaire réelle et une amélioration des conditions de travail.