À l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le SNUASFP FSU appelle l’ensemble des assistantes de service social à se mobiliser massivement le 8 mars.
Dans un contexte marqué par la montée des inégalités, la persistance des violences sexistes et sexuelles, la précarisation du travail et l’austérité budgétaire, les revendications portées le 8 mars sont plus que jamais d’actualité. Le capitalisme continue d’exploiter les inégalités de genre, en particulier dans les métiers fortement féminisés, dont le travail social est une illustration emblématique.
Un métier essentiel, massivement féminisé, structurellement dévalorisé
Les assistantes de service social, très majoritairement des femmes (96%), exercent des missions essentielles. Pourtant, ces missions restent invisibilisées, sous-financées et insuffisamment reconnues.
Les grilles indiciaires des assistantes sociales traduisent cette dévalorisation structurelle :
- des salaires durablement inférieurs à ceux de métiers à niveau de qualification équivalent,
- une charge de travail qui croit année après année, faute de moyens supplémentaires,
- une reconnaissance statutaire insuffisante, malgré des responsabilités lourdes et une exposition croissante à des situations de grande complexité.
Cette situation est le produit d’une dévalorisation historique des métiers féminisés, assignés au registre du care, de l’aide et du « don de soi », et donc considérés comme moins légitimes à une rémunération à la hauteur des qualifications et de l’engagement requis.
À l’Éducation nationale et dans l’enseignement supérieur, en 2026, les agentes continuent trop souvent de subir propos sexistes et comportements déplacés. Mais le sexisme ne se limite pas aux paroles et aux comportements individuels. Il est aussi institutionnel, hiérarchique et salarial. Il s’exprime dans la dévalorisation du travail social, la remise en cause permanente de l’expertise professionnelle, la mise sous tutelle hiérarchique et la faiblesse persistante des rémunérations.
A titre d’exemple, la protection de l’enfance est affichée comme une priorité, y compris au sein de l’Éducation nationale. Alors même que les professionnelles qui en sont les principales actrices – les assistantes de service social scolaires – restent sans moyens supplémentaires, sans revalorisation salariale et, depuis peu, dans plusieurs départements, placées sous un contrôle hiérarchique accru par des cadres non formés, majoritairement des hommes. Pourtant, ce sont bien les assistantes et conseillères techniques de service social qui sont formées à l’évaluation des situations de protection de l’enfance. Personnel de catégorie A, notre autonomie professionnelle dans l’évaluation de ces situations ne saurait être remise en cause par des logiques relevant d’un autre temps considérant que des professionnelles formées valent moins que des hommes non-formés.
Cette contradiction illustre parfaitement le sexisme institutionnel à l’œuvre : des missions lourdes, sensibles et juridiquement engageantes sont exercées par une profession massivement féminisée, tout en refusant de lui accorder la reconnaissance, l’autonomie professionnelle et les moyens nécessaires.
La mise sous tutelle des écrits professionnels par des cadres administratifs non formés au travail social est emblématique de cette logique : elle traduit une défiance systémique à l’égard de l’expertise des assistantes sociales, et participe à la déqualification d’un métier pourtant central dans la protection des élèves.
Cette situation n’est pas une fatalité : elle est le résultat de choix politiques qui refusent de reconnaître pleinement l’utilité sociale et la qualification de ces professionnelles.
Briser les chaînes sexistes, c’est donc aussi exiger l’égalité salariale réelle, la reconnaissance statutaire, la revalorisation des carrières et le respect de l’expertise du travail social.
Le SNUASFP FSU revendique notamment :
- une revalorisation immédiate et significative des grilles indiciaires,
- la reconnaissance pleine du niveau de qualification,
- des créations massives de postes,
- le respect de la professionnalité et de l’autonomie du service social scolaire.
Le 8 mars, les assistantes de service social seront mobilisées pour défendre leurs droits, leurs salaires, leur métier et un service public d’éducation plus juste et plus égalitaire.
Bagnolet, le 4 mars 2026.
