Audience au ministère : le SNUASFP FSU encore et toujours engagé pour faire entendre la voix des assistant·es et conseiller·es techniques de service social 

Le SNUASFP FSU a été reçu le jeudi 24 septembre 2026 par la conseillère sociale et la conseillère politiques sociales éducatives et de santé du ministre de l’Éducation nationale.

Dans un contexte où la protection de l’enfance est affichée comme une priorité, le SNUASFP FSU a porté une exigence claire : cette politique ne peut se construire sans reconnaître et renforcer les professionnels dont la protection de l’enfance constitue le cœur de métier. Reconnaissance du service social en faveur des élèves, respect de son expertise professionnelle, questionnaire VSS, créations de postes et carrières ont ainsi été au centre des échanges.

La protection de l’enfance : reconnaître celles et ceux qui la mettent en œuvre

Le SNUASFP FSU a rappelé le rôle essentiel des assistantes et assistants de service social de l’Éducation nationale dans la mission de protection de l’enfance.

Nous avons fait part de notre inquiétude face à l’invisibilisation persistante du service social en faveur des élèves, notamment à la suite de plusieurs prises de parole ministérielles ne mentionnant pas explicitement les ASS parmi les professionnels mobilisés. Cette absence de reconnaissance publique est d’autant plus incompréhensible qu’ils et elles sont quotidiennement en première ligne pour accueillir la parole des élèves, évaluer les situations de danger et accompagner les enfants et leurs familles.

Le SNUASFP FSU a demandé que le rôle du service social soit clairement identifié et reconnu, non seulement dans les échanges avec les services du ministère, mais également dans les communications et prises de parole publiques.

Le SNUASFP FSU prend acte avec satisfaction d’une première évolution : quatre jours après cette audience, lors de son intervention sur Radio France le 28 septembre, le ministre a explicitement cité les assistants de service social parmi les professionnels mobilisés dans le cadre de la protection de l’enfance.

C’est un premier signal positif. Cette reconnaissance doit désormais s’inscrire dans la durée et surtout se traduire dans les actes et les moyens accordés au service social.

Protéger l’expertise et les compétences professionnelles

Reconnaître le rôle des ASS implique également de reconnaître leurs compétences spécifiques et leur expertise professionnelle.

Les échanges ont ainsi porté sur les différents dispositifs envisagés pour favoriser le repérage des enfants victimes ou susceptibles d’être victimes de violences, notamment le questionnaire VSS et le projet d’entretien annuel prévu dans le cadre de la proposition de loi intégrale contre les violences faites aux enfants.

Le SNUASFP FSU a rappelé que la protection de l’enfance ne peut se réduire à la mise en œuvre d’un questionnaire ou à la systématisation d’un entretien. La temporalité de l’enfant, sa singularité, la relation de confiance et les conditions dans lesquelles sa parole peut émerger sont déterminantes.

Une formation de quelques heures peut permettre de sensibiliser les personnels de l’Éducation nationale. Elle ne peut toutefois remplacer les compétences et le savoir-faire acquis par des professionnels formés à la protection de l’enfance.

Nous avons notamment insisté sur une distinction essentielle : recueillir une parole n’est pas la même chose qu’accueillir une parole.

Faire émerger une révélation implique de savoir l’entendre, l’évaluer, accompagner l’enfant et penser les suites à lui donner. L’objectif légitime de mieux protéger les enfants ne doit pas conduire à multiplier les interventions sans mesurer leurs conséquences possibles pour l’enfant, sa famille et les professionnels.

Questionnaire VSS : ne pas confondre urgence à agir et précipitation

C’est au regard de ces enjeux que le SNUASFP FSU a de nouveau exprimé ses fortes réserves concernant la mise en œuvre du questionnaire VSS.

Malgré notre demande de ne pas précipiter son déploiement, le ministère a confirmé sa volonté de le mettre en œuvre au cours de l’année scolaire.

Le SNUASFP FSU a rappelé qu’un questionnaire ne peut, à lui seul, créer les conditions permettant à un enfant de parler. Faire émerger une parole sans avoir pensé les conditions de son accueil et les réponses qui pourront lui être apportées peut au contraire mettre les élèves comme les professionnels en difficulté.

Nous avons notamment interrogé le ministère sur la situation des enfants ayant déjà révélé des violences : comment articuler ce nouveau dispositif avec une parole déjà recueillie ? Comment éviter qu’un enfant soit amené à répéter son récit ? Qui accueillera les révélations susceptibles d’émerger ? Avec quelle disponibilité et quelles garanties quant aux suites apportées ?

Pour le SNUASFP FSU, l’urgence à agir contre les violences faites aux enfants est incontestable. Elle ne doit cependant pas conduire à privilégier des dispositifs standardisés au détriment d’une politique de prévention et de protection reposant sur des professionnels formés, identifiés et disponibles dans les établissements.

Des créations de postes annoncées, mais encore sans chiffrage

Le cabinet a indiqué que des créations de postes étaient envisagées pour les infirmières, les psychologues de l’Éducation nationale et les assistants de service social, sous réserve des arbitrages budgétaires.

À la date de l’audience, le ministère n’était toutefois pas en mesure de préciser le nombre de postes qui seraient attribués au service social en faveur des élèves.

Pour le SNUASFP FSU, quelques créations supplémentaires ne permettront pas de répondre à l’ampleur des besoins. Avec seulement 2 800 ASS pour près de 12 millions d’élèves, le renforcement massif du SSFE est indispensable, dans le second degré comme dans le premier degré où sa présence demeure extrêmement insuffisante.

La volonté affichée de renforcer la protection de l’enfance et plus largement de traiter la question sociale à l’École doit désormais se traduire par les moyens humains nécessaires.

Reconnaître l’expertise, c’est aussi reconnaître les carrières et les rémunérations

Le SNUASFP FSU a également porté la question des grilles indiciaires et des écarts de rémunération entre les différents corps professionnels, notamment entre ASS et infirmières.

Le ministère a indiqué ne pas disposer actuellement de marge de manœuvre sur la question indiciaire et a souligné la complexité des évolutions catégorielles.

Cette réponse ne peut nous satisfaire.

La reconnaissance de l’expertise, des responsabilités et de l’engagement des assistantes et assistants de service social doit aussi se traduire dans leur carrière et sur leur fiche de paie.

Le SNUASFP FSU continuera donc de porter ses revendications de revalorisation indiciaire, d’accès au CTI et d’amélioration des déroulements de carrière.

De la reconnaissance aux actes

Cette audience a permis de faire entendre directement au cabinet du ministre les attentes, les alertes et les revendications des assistant·es et conseiller·es techniques de service social.

Le SNUASFP FSU prend acte des premiers signaux de reconnaissance du rôle du service social en faveur des élèves. Mais cette reconnaissance ne peut rester déclarative.

Alors que la protection de l’enfance est présentée comme une priorité, elle doit désormais se traduire par des actes : des emplois en nombre suffisant, la reconnaissance des compétences et de l’expertise professionnelle du SSFE, une véritable revalorisation des carrières et des politiques de protection de l’enfance qui s’appuient sur des professionnels formés et présents auprès des élèves.

Le SNUASFP FSU continuera à agir pour que le service social en faveur des élèves dispose enfin de la reconnaissance et des moyens nécessaires à ses missions.