Communiqué de presse
Depuis plusieurs jours, des lycéennes et lycéens se mobilisent dans de nombreux établissements. Ils et elles dénoncent leurs conditions d’études : manque de personnels y compris d’assistantes de service social, absences non remplacées, classes surchargées, emplois du temps dégradés, locaux vétustes ou inadaptés. Ces revendications parlent de leur quotidien et doivent être entendues.
Dans plusieurs établissements, les mobilisations ont également donné lieu à des interventions violentes des forces de l’ordre, tandis que des élèves comme des personnels ont été blessés.
Le SNUASFP FSU exige que cessent les violences des forces de l’ordre à l’encontre des lycéennes et des lycéens. Plus largement, le SNUASFP FSU condamne toutes les violences contre les élèves et les personnels et rappelle que la première responsabilité des adultes et des institutions est de garantir leur protection et leur sécurité.
Le manque de personnels, les postes non pourvus, les classes surchargées ou encore la dégradation des locaux ne sont pas des réalités nouvelles. Les lycéennes et lycéens en vivent directement les conséquences.
Leur mobilisation ne peut donc avoir pour seule réponse une irresponsable répression doublée de violences.
Le gouvernement doit au contraire répondre aux revendications exprimées et donner au service public d’Education les personnels et les moyens nécessaires pour garantir partout des conditions d’études dignes et protectrices.
Cela suppose des personnels enseignants en nombre suffisant, mais également des équipes éducatives et pluriprofessionnelles complètes. Assistantes et assistants de service social, personnels de santé, PsyEN, CPE, AED, AESH : protéger et accompagner les élèves nécessite des professionnels présents et disponibles dans les établissements.
Les lycéennes et lycéens sont des adolescents en construction. Pour nombre d’entre eux, ces mobilisations constituent aussi une première expérience de l’action collective, de la revendication et de l’exercice concret de la citoyenneté. Cela nous donne à nous adultes une responsabilité particulière.
Notre rôle ne peut être de leur enseigner les principes de la démocratie, le droit d’expression et l’engagement citoyen, puis de leur opposer la violence et la répression lorsqu’ils cherchent à les exercer.
Apprendre la démocratie, c’est aussi apprendre à exprimer un désaccord, construire des revendications, débattre, s’organiser collectivement et agir dans un cadre respectueux des personnes.
C’est la responsabilité de l’École, de ses professionnels et, plus largement, de toute la société, d’accompagner cet apprentissage et cela ne peut passer ni par cette répression aveugle et violente ni par une forme de mise à l’isolement à travers le basculement en distanciel des enseignements, privant ainsi les lycéens de tout espace de dialogue au moment même où ils expriment un besoin d’être écoutés.
Le SNUASFP FSU appelle à sortir de cette escalade : protéger les élèves et les personnels, accompagner et garantir l’expression démocratique des lycéennes et lycéens et apporter enfin des réponses concrètes aux conditions dans lesquelles elles et ils étudiant en investissant massivement dans le service public d’éducation.
Bagnolet, le 1er Octobre 2026