Une histoire de nuances

Depuis plusieurs années, force est de constater une accélération : l’accélération des demandes l’exercice de nos missions, l’accélération du temps médiatique où un drame en chasse un autre à la une, accélération du temps politique avec une succession d’annonces…

L’espace syndical n’échappe pas à ce constat : chaque semaine se multiplient instances, groupes de travail et audiences parfois à la demande du SNUASFP FSU pour porter nos revendications, souvent à l’initiative de l’administration qui ouvre de nombreux sujets techniques. Pris isolément, ces sujets peuvent sembler secondaires mais ils participent à la fragmentation des services publics et empêchent toute réflexion globale sur leur avenir. 

Au-delà des manœuvres politiques, cette multiplication de chantiers techniques permet surtout d’éviter de traiter de l’éléphant au milieu de la pièce : la rémunération des agent.e.s de la Fonction publique et les moyens du service public.

Dans cette farandole infernale, l’actualité nécessite pourtant de prendre le temps de s’arrêter sur plusieurs projets actuellement en discussion : la remise en cause des autorisations d’absence pour les fonctionnaires ; le projet de loi sur la protection de l’enfance qui illustre l’absence d’ambition en refusant de traiter la question des moyens tout en ouvrant initialement une remise en cause majeure du statut de la Fonction Publique ; le projet de loi «Darmanin » sur la justice criminelle qui menace un fondement de notre démocratie…

Sur chacun de ces dossiers, le SNUASFP FSU et la FSU mènent le combat pour faire reculer le gouvernement avec des résultats réels : sur les ASA, la plupart des reculs envisagés ont été retirés, sur la protection de l’enfance, nous avons réussi grâce à un travail argumenté et déterminé à modifier le projet de loi. 

L’action syndicale, lorsqu’elle est déterminée, qu’elle évite les postures faciles et qu’elle s’appuie sur le collectif, peut faire bouger les lignes. 

Concernant le travail social, la situation n’est guère plus glorieuse. Les négociations imposées sur une convention unique sont à l’arrêt et la réforme des diplômes d’état suscite de fortes interrogations confirmant les analyses du SNUASFP FSU en juin dernier. 

A l’Education nationale, les suites des assises de la santé scolaire font l’objet de nombreuses discussions. Comme depuis le début, le SNUASFP FSU a fait le choix de prendre ses responsabilités en refusant la politique de la chaise vide pour la confrontation sur tous les sujets mis sur la table. 

C’est avec cette exigence qu’il est possible d’empêcher les projets néfastes et de convaincre du bien-fondé de nos revendications. C’est aussi cette exigence qui a conduit le SNUASFP FSU à être à l’initiative de mobilisations réussies en mars 2024 et en juin 2025. 

Construire le rapport de force dans les discussions comme dans la rue, refuser les postures simplistes face à la complexité de la situation, garder comme boussole l’obtention d’avancées concrètes pour les assistant·es et conseiller·es techniques de service social : c’est cela qui a permis d’obtenir la création de 100 postes à la rentrée 2026.

C’est aussi cela qui permet de maintenir la pression pour que 2027 voit à nouveau des créations. Le ministère a confirmé que c’était son souhait. Le SNUASFP FSU poursuivra son action pour que ce sujet avance. 

Il y a urgence là comme sur d’autres dossiers. Et pour le SNUASFP FSU, l’intérêt des assistant.e.s et conseiller.e.s techniques de service social passe avant toute posture. 

Entre l’accompagnement des politiques gouvernementales et le refus systématique de toute confrontation concrète avec le ministère, le SNUASFP FSU trace un autre chemin : celui d’un syndicalisme de lutte, exigeant, capable de construire le rapport de force tout en arrachant des avancées. Dans une période saturée de simplifications et de postures, cette exigence de nuance est aussi une exigence d’efficacité.