Le 7 mai 2026, le SNUASFP-FSU, en collaboration avec le SNICS-FSU, a organisé un congrès réunissant des assistantes sociales, des infirmières scolaires ainsi que des psychologues de l’Éducation nationale du 1er et du 2nd degré autour de deux thématiques majeures :
• « Santé mentale des élèves » : l’École comme déterminant majeur de santé pour les enfants et les adolescents ;
• « Santé au travail : un risque invisible – le trauma vicariant ».
Cette journée a rassemblé 35 professionnels issus de ces trois corps de métiers et a donné lieu à des échanges riches, constructifs et engagés.
La Guyane est un territoire particulièrement confronté aux problématiques de santé mentale des jeunes. Les constats sont alarmants et les prises en charge restent extrêmement difficiles à mettre en œuvre, en raison d’un manque criant de moyens humains et d’infrastructures médico-psychologiques, notamment dans les communes les plus isolées.
Aux délais d’attente, pouvant aller de plusieurs mois à plus d’un an avant une prise en charge, s’ajoutent des difficultés liées à l’interculturalité des familles. Certaines peuvent en effet se montrer réticentes face à des approches ou à des concepts d’inspiration européenne qui prennent insuffisamment en compte les réalités et les diversités culturelles locales.
Les indicateurs en Guyane sont largement supérieurs à la moyenne nationale : 52 % des jeunes Guyanais présentent une détresse psychologique et 56 % des tentatives de suicide chez les 10-25 ans concernent majoritairement des jeunes filles.
Par ailleurs, la forte précarité du territoire et les conditions de vie d’une grande partie des élèves montrent que le protocole « santé mentale et bien-être des élèves », instauré par le ministère de l’Éducation nationale, demeure à ce jour davantage une annonce politique qu’une réalité pleinement effective sur le terrain. Son application apparaît fortement compromise par le manque de moyens humains dans les écoles et les établissements du second degré, mais également pour les mêmes raisons au sein du réseau partenarial, souvent fragilisé par un important turnover des professionnels.
Santé mentale et inégalités en Guyane
• Les populations les plus précaires sont davantage exposées à la dépression et rencontrent plus de difficultés d’accès aux soins ;
• Les risques de psychose, de stress post-traumatique et de suicide y sont plus élevés ;
• Ces troubles sont plus fréquents qu’en France hexagonale, notamment en raison de la pauvreté et des phénomènes migratoires ;
• Plus de 30 % des jeunes adultes âgés de 18 à 25 ans présentent un épisode dépressif ;
• Les principaux facteurs aggravants sont la pauvreté, l’insécurité alimentaire, le mal-logement et la forte proportion de familles monoparentales, majoritairement composées de femmes.
Une information spécifique a également été proposée autour du traumatisme vicariant et de la nécessité de se prémunir contre les risques psychosociaux, nos professions figurant parmi les plus exposées au sein de l’Éducation nationale.
À l’issue de ce congrès, nous souhaitons faire remonter nos inquiétudes, nos questionnements ainsi que nos propositions dans le cadre d’une audience sollicitée auprès du recteur.
